Histoire du musée

Depuis 1844, le musée des beaux-arts s'est façonné une histoire de collections, de regards et d’engagements partagés.

Un musée du XIXe siècle

Créé en 1844 à partir des œuvres acquises depuis 1841 par la jeune Société des Amis des Arts, le musée des Beaux-Arts de La Rochelle occupe l’Hôtel Crussol d'Uzès, palais épiscopal construit sous Louis XVI. Sous l’égide de la Société des Amis et des premiers conservateurs, les peintres Édouard Pinel et Tibulle Mary Furcy de Lavault, la collection s’est agrandie tout au long du XIXe siècle grâce à de nombreux achats au Salon et aux artistes régionaux et par dons et legs.

Le musée des Beaux-Arts proposait un vaste panorama de la peinture européenne, du XVe au début du XXe siècle. Ses collections réunissaient de grandes signatures — Corot, Huet, Doré — mais aussi des artistes réalistes importants — les Rochelais Eugène Fromentin, William Bouguereau ou Théodore Chassériau — conférant au musée une identité forte autour de la peinture académique et orientaliste. Le tournant du XXe siècle, lui, était évoqué à travers Maillol, Bourdelle, Magnelli, Chaissac ou encore Maurice Denis, sans oublier les vues du port par Signac et Marquet. Un ensemble cohérent, mais présenté dans un espace contraint, le musée ne pouvant en effet exposer qu’une infime partie de ses près de 900 peintures et dessins.

Des commissaires amateurs entre 2008 et 2018

Pour jouer avec ces limites, une politique originale d’accrochages participatifs fut imaginée entre 2008 et 2018. Ce furent dix années d’expériences inédites : des rugbymen du Stade Rochelais, des détenus de la maison d’arrêt de Saint-Martin-de-Ré, des personnes non-voyantes, des lycéens, des femmes du quartier de Mireuil, des artistes contemporains locaux ou encore les membres de la Société des Amis des Arts furent invités à devenir commissaires d’exposition le temps d’un accrochage.

Leur regard non spécialiste, souvent guidé par l’émotion ou une histoire à raconter, a permis de révéler des œuvres peu visibles et d’interroger les habitudes de lecture des experts. Certaines thématiques se sont avérées particulièrement fortes, comme la représentation de la femme, choisie et analysée par les femmes de Mireuil. L’initiative a rencontré un réel succès, au point d’être reprise dans d’autres musées en France.

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illustration 0 Exposition « L'Algérie de Gustave Guilaumet » en 2018
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illustration 1 Exposition « L'Algérie de Gustave Guilaumet » en 2018
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illustration 2 Visite du musée des Beaux-Arts par un groupe d'élèves de CE2-CM1 en 2018
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illustration 3 Accueil de jeunes enfants au musée, en partenariat avec le relais d'assistantes maternelles du centre-ville, en 2013.
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illustration 4 Accueil de jeunes enfants au musée, en partenariat avec le relais d'assistantes maternelles du centre-ville, en 2013.
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illustration 5 Exposition « La Rochelle 1939 - 1945 » en 2015
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illustration 6 Mise en place de l'accrochage n°10 « Voir et ne pas voir » en 2016
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illustration 7 Mise en place de l'accrochage n°10 « Voir et ne pas voir » en 2016
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illustration 8 Visite sensorielle du musée par des élèves de moyenne section de l'école Jean Bart à Mireuil, en 2018.
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illustration 9 Visite sensorielle du musée par des élèves de moyenne section de l'école Jean Bart à Mireuil, en 2018.

Renouveler le regard et ouvrir le musée à de nouveaux récits

Le musée menait en parallèle une politique d’expositions temporaires ambitieuse : une grande rétrospective Gustave Guillaumet labellisée au niveau national, une exposition sur la Seconde Guerre mondiale, une autre sur l’archéologie, ou encore une exposition consacrée aux kimonos. L’objectif était clair : diversifier les approches, renouveler le regard sur les collections et ouvrir le musée à de nouveaux récits.

La fermeture du musée en 2018 a marqué une pause, mais certainement pas l’arrêt de cette dynamique. Au contraire, le futur musée prévoit de prolonger cet esprit d’innovation en matière de médiation et d’implication des publics. Si les accrochages participatifs ne seront pas reconduits sous la même forme, deux nouvelles salles de médiation et un espace modulable permettront d’imaginer d’autres formats de co-construction, d’échanges et de découvertes. L’ambition reste la même : inventer des propositions originales qui mettent en valeur les collections, tout en invitant les Rochelais à prendre part au récit.